Formes cliniques de début


Généralités Les formes cliniques à début brutal Les formes cliniques à début subaigu Les formes cliniques à début insidieux et progressif

Généralités

L’âge de début de la schizophrénie se situe vers la fin de l’adolescence (pic de fréquence entre 16 et 25 ans). Trois formes cliniques de début sont possibles :

Formes cliniques de début de la schizophrénie : généralités

  • début brutal en quelques jours ou semaines;
  • début subaigu : période de manifestations non spécifiques d’anxiété, dépression pendant quelques semaines ou mois, suivie de l’émergence de symptômes psychotiques caractéristiques tels que hallucinations ou autisme* ;
  • début insidieux et progressif.

*Autisme : repli sur soi se traduisant par une perte des interactions émotionnelles,affectives ou intellectuelles avec l’environnement.

Les formes à début brutal

Les formes à début brutal peuvent s’exprimer de différentes manières :

  • Une bouffée délirante : épisode psychotique aigu d’apparition soudaine (moins de 48h), non imputable à une prise de toxiques. Le délire est transitoire à mécanismes et thèmes polymorphes (à multiples facettes) : souvent hallucinations auditives, mécanismes imaginatifs et intuitifs et idées délirantes de persécution, mystiques, mégalomanie… ; à propos d’un tel épisode on parle de «coup de tonnerre dans un ciel serein», tant rien ne laissait présager un tel accès.
    La bouffée délirante aiguë rétrocède en moins de 4 semaines : sinon il s’agit d’un mode d’entrée dans un trouble chronique schizophrénique ou d’un équivalent de premier accès de trouble bipolaire (maladie faite d’accès dépressifs et d’accès d’excitation euphorique avec des intervalles plus ou moins longs libres de symptômes psychiques) ;
  • Un état d’excitation maniaque euphorique marqué par ce qu’on appelle des signes d’atypicité parce que surprenants lors d’un état d’excitation euphorique : idées délirantes, euphorie peu évidente malgré l’excitation voire dimension anxieuse plus manifeste que l’optimisme ou l’euphorie ;
  • Une dépression associée à des éléments dissociatifs (bizarreries, froideur affective) et délirants : la dépression est un état émotionnel douloureux que le déprimé sait décrire, expliquer à son interlocuteur ; la schizophrénie est au contraire un état indicible où l’émoussement affectif et émotionnel va devenir de plus en plus patent ;
  • Un comportement impulsif tel que délinquance sans profit, automutilations étranges, toxicomanie : 40 % des sujets entrant dans un processus schizophrénique ont consommé ou abusé de haschich ;
  • Un état pseudo-confusionnel où l’incohérence idéo-verbale est telle que la pensée, les propos, le comportement sont désorganisés, le sujet incapable de s’orienter en proie à une vive angoisse.

Les formes à début subaigu

Toute manifestation anxieuse ou dépressive excessive survenant à l’adolescence doit faire évoquer le risque d’une pathologie psychotique débutante : chez beaucoup de sujets atteints de schizophrénie on retrouve rétrospectivement de telles manifestations qui, souvent, n’avaient pas suffisamment attiré l’attention.

La crise d’adolescence est une réalité qu’il faut savoir gérer en offrant tout à la fois attention et écoute, autorité et limites aux expressions caractérielles ou comportementales de l’adolescent ; il faut éventuellement avoir la perspicacité de débusquer des manifestations à caractère pathologique : dysmorphophobies*, interrogations récurrentes sur l’identité, le sens de la vie, angoisses indicibles.

Dysmorphophobie : conviction ou préoccupation à propos d’une disgrâce corporelle existante ou exagérée

Formes cliniques de début de la schizophrénie : début subaigu

Les formes à début insidieux et progressif

Formes cliniques de début de la schizophrénie : début insidieux

Elles sont les plus difficiles à diagnostiquer :

  • fléchissement physique et psychique : apragmatisme*, clinophilie** ; désintérêt ou centres d’intérêt bizarres ; perte de l’hygiène ; inversion du rythme de vie ( vie nocturne plus ou moins bruyante et repli sous la couette le jour ) ;
  • baisse du rendement intellectuel avec retentissements scolaire, professionnel et social ;
  • modifications du caractère et de l’affectivité : irritabilité, colères dysproportionnées, rires incompréhensibles, repli sur soi, isolement, froideur affective ;
  • troubles du comportement : conduites toxicomaniaques (abus d’alcool et de substances psychoactives), troubles des conduites sexuelles et alimentaires, conduites agressives ;
  • préoccupations hypocondriaques ou dysmorphophobiques (préoccupation excessive à propos d’une disgrâce corporelle).

* Apragmatisme : incapacité d’accomplir des actes courants.

** Clinophilie : perte d’activité et d’énergie avec tendance à rester anormalement au lit, en dehors des périodes habituelles (nuit…).